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Vins du Rhône Septentrional
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Le Rhône septentrional s’étend de Vienne à Valence, le long d’un fleuve encaissé, bordé de coteaux abrupts. Ici, pas d’assemblages complexes : on travaille simple et précis. Syrah en rouge, Viognier, Marsanne et Roussanne en blanc. Peu de surface, des pentes raides, beaucoup de travail manuel, et des vins qui jouent sur la tension, la profondeur et la garde.
Les sols sont majoritairement granitiques, parfois mêlés de schistes ou d’argiles selon les secteurs. Ce sont des terroirs pauvres, drainants, qui donnent des rendements faibles et des vins structurés. Le climat est continental, avec des étés chauds mais des nuits fraîches, ce qui permet de garder de l’acidité et de la tenue, même dans les millésimes solaires.
En rouge, la Syrah domine sans partage. Dans le nord, elle donne des vins droits, épicés, marqués par le poivre, l’olive noire, parfois la violette ou le lard fumé. Sur Côte-Rôtie, la Syrah gagne en finesse et en complexité, parfois complétée par un peu de Viognier. Des vins profonds, structurés, mais jamais massifs quand ils sont bien faits. Des domaines comme Rostaing ou Gangloff en donnent des lectures précises, sérieuses, taillées pour le temps.
À Hermitage, on change de dimension. Le vin est plus dense, plus large, construit pour plusieurs décennies. La Syrah y est puissante, terrienne, avec une profondeur impressionnante. Jean-Louis Chave incarne parfaitement ce style : des vins sans effet, d’une régularité remarquable, qui se révèlent lentement avec l’âge.
Cornas pousse la logique du Rhône nord à son extrême. 100 % Syrah, coteaux granitiques plein sud, aucune concession. Les vins sont sombres, structurés, parfois austères dans leur jeunesse, mais d’une intensité remarquable avec le temps. Vincent Paris ou en encore Mathieu Barret en proposent des versions franches, droites, profondément marquées par le terroir. Des vins de caractère, faits pour la garde et les amateurs patients.
Crozes-Hermitage, plus vaste, offre une lecture plus accessible du secteur, avec des vins souvent plus souples, mais capables de très belles choses sur les meilleurs terroirs. Saint-Joseph, longtemps sous-estimé, revient clairement sur le devant de la scène. Sur les coteaux granitiques, la Syrah gagne en droiture et en fraîcheur. Le domaine Gonon en est l’un des meilleurs exemples : des vins nets, tendus, sans maquillage, faits pour les amateurs de précision.
En blanc, Condrieu est à part. 100 % Viognier, sur des coteaux granitiques très pentus. Des vins aromatiques, mais quand ils sont bien travaillés, jamais lourds. Là encore, des domaines comme Gangloff montrent que le Viognier peut rester équilibré, profond et lisible.
À Saint-Péray, les blancs à base de Marsanne et Roussanne retrouvent enfin la place qu’ils méritent. Sur ces coteaux calcaires et granitiques à l’entrée de Valence, les vins gagnent en fraîcheur, en droiture, loin des blancs lourds qu’on a parfois connus dans le Rhône. Alain Voge est la référence historique de l’appellation. Son travail rigoureux donne des Saint-Péray précis, tendus, construits pour la garde, avec une vraie lecture de terroir. Des blancs sérieux, souvent discrets à l’ouverture, mais qui s’épanouissent magnifiquement avec quelques années de cave.
Château-Grillet est un cas à part. Une appellation à elle seule, un monopole, un vignoble enclavé au cœur de Condrieu. Ici, le Viognier prend une autre dimension : moins démonstratif, plus structuré, presque austère dans sa jeunesse. Le domaine Château-Grillet produit des vins rares, ciselés, construits sur la longueur et la minéralité plus que sur l’aromatique immédiate. Ce sont des vins qui demandent du temps, mais qui offrent une lecture unique du Viognier quand on les laisse évoluer.
Le Rhône septentrional, c’est une viticulture exigeante et des vins sans raccourci. Peu de volume, beaucoup de caractère, et une vraie capacité de garde pour les meilleures bouteilles. Des vins de terroir, construits sur la structure et la fraîcheur, qui parlent plus avec le temps qu’à l’ouverture.